Monture équatoriale : fonctionnement

Dans un télescope (ou une lunette astronomique), la monture est l’objet qui se place entre le trépied et le tube. Elle permet le support et l’orientation de ce dernier.

C’est un élément essentiel. Une bonne monture est recommandée en visuel et obligatoire en astrophotographie. En photo c’est même l’un des éléments les plus importants (et chers). En effet, celle-ci doit être capable de supporter votre appareil photo et autre matériel, en plus de votre tube. Il faut donc du solide !

Deux grands types de montures existent : azimutale et équatoriale.

La première est très simple et se déplace sur deux axes : horizontal (l’azimut) et vertical (l’altitude).

La seconde en possède deux de plus, et est par conséquent plus complexe à prendre en main. Si vous avez déjà vu une monture équatoriale, vous avez dû remarquer toutes ses graduations et ses vis de serrage. Lorsque l’on débute, on peut vite prendre peur !

C’est pourquoi cet article a pour but de vous aider à comprendre comment elle fonctionne pour que vous puissiez vous en servir au mieux. À la fin de celui-ci elle n’aura (je l’espère) plus aucun secret pour vous !

Mais avant d’étudier son fonctionnement et d’apprendre à l’utiliser, voyons pourquoi nous avons besoin de cette monture très populaire.

Pourquoi une monture équatoriale ?

C’est une question que l’on peut se poser : si une monture azimutale est plus simple à utiliser, pourquoi s’embêter avec une équatoriale ?

ciel étoilé

De notre point de vue, les étoiles, ainsi que tous les astres que nous contemplons, bougent dans le ciel. Cela est dû à la rotation de la Terre sur elle-même.

Nous nous en rendons plus facilement compte la journée car nous voyons clairement que le Soleil ne se trouve pas au même endroit dans le ciel en fonction de l’heure. On peut également l’observer avec les ombres des bâtiments ou autres objets (pas des nuages évidemment) qui se déplacent.

Il en va de même avec les (autres) étoiles. Si vous observez le ciel étoilé suffisamment longtemps, vous pourrez constater que les constellations ne sont pas exactement aux mêmes emplacements au début et à la fin de votre observation.

Vous l’avez donc compris, lorsque vous contemplez un astre à travers votre télescope, celui-ci n’est pas statique, loin de là. Si cela passe presque inaperçu à l’oeil nu, c’est loin d’être la même chose lorsque vous grossissez ce que vous regardez.

Et plus vous utilisez un fort grossissement, plus rapidement il sortira de votre champ de vision. Observez Saturne avec un grossissement x180 par exemple. En quelques secondes, vous la voyez se déplacer d’un côté à l’autre de l’oculaire.

Vous devez donc constamment suivre votre objet. Avec une monture azimutale vous devez jouer à la fois sur l’axe horizontal et l’axe vertical.

Même si sur les montures de type Dobson, cela est facile et même confortable à réaliser, une monture équatoriale vous permet de n’avoir qu’un seul axe et donc qu’une seule molette à tourner pour effectuer le suivi.

Même si cela paraît très pratique, en réalité ce n’est pas si simple. En effet, pour pouvoir suivre un objet aussi simplement, vous devrez régler votre monture à chaque observation. Nous verrons cela un peu plus loin.

Il existe en revanche un domaine dans lequel la monture équatoriale se révèle presque obligatoire. C’est pour l’astrophotographie, et plus particulièrement du ciel profond.

Eh oui, des longs temps de pose sont nécessaires pour capter la lumière de ces objets peu lumineux. La monture doit donc être capable de suivre le mouvement de l’astre que vous souhaitez photographier de manière fluide et pendant de longues périodes.

Voyons maintenant comment cela est possible.

Fonctionnement

Le seul moyen pour suivre un objet céleste en ne bougeant qu’un seul axe, c’est que celui-ci soit aligné sur l’axe de rotation de la Terre. Les deux axes doivent être parallèles. Sur notre monture équatoriale, cet axe s’appelle l’ascension droite.

monture équatoriale schéma

Essayons de comprendre comment tout cela fonctionne. Pour cela, revenons plus en détail sur les différents axes de notre monture. Comme je vous le disais dans l’introduction, elle en possède quatre au total :

  • L’azimut
  • La latitude
  • L’ascension droite (également appelé axe polaire)
  • La déclinaison

Analysons chacun d’entre eux séparément.

Les deux premiers sont des axes permettant de régler la monture avant l’observation. C’est grâce à eux que nous allons aligner la monture sur la rotation de la Terre.

Azimut

L’axe d’azimut est l’axe horizontal. Il se trouve à la base de la monture. Lors du réglage (nous y reviendrons), il va servir à pointer l’étoile polaire horizontalement. Une fois que c’est fait, nous n’y toucherons plus.

azimut

Azimut

Latitude

Il correspond à la latitude de votre lieu d’observation (que vous pouvez trouver ici) et est gradué de 0 à 90°. Par exemple, en France, nous nous trouvons entre 40 et 50°. Celui-ci devrait également pointer l’étoile polaire, mais verticalement. Comme pour l’azimut, une fois réglé, il ne doit plus bouger.

latitude

Latitude

Les deux axes suivants ont pour mission de pointer ce que vous souhaitez observer. Vous pouvez orienter votre télescope dans n’importe quelle direction juste avec ces deux là.

Ascension droite

C’est l’axe d’ascension droite, appelé right ascension en anglais (vous pouvez parfois lire RA ou RIA sur votre monture), qui permet le suivi des objets célestes. C’est donc celui-ci qui, grâce aux réglages de l’azimut et de la latitude, se trouve aligné sur la rotation de la Terre.

L’ascension droite se mesure en heures, minutes, et secondes (exemple : 00h 42m 44,330s).

Pour cela, vous pouvez voir deux graduations sur votre monture allant de 0 à 24. Celle du haut est pour le pôle nord, et celle du bas pour le pôle sud.

ascension droite

Ascension droite

Déclinaison

L’axe de déclinaison (DEC) est utilisé pour pointer les astres. La déclinaison se mesure quant à elle en degrés, arc-minutes et arc-secondes (exemple : +41° 16′ 07,50″).

déclinaison

Déclinaison

Au début on se mélange souvent entre le mouvement d’ascension droite et de déclinaison.

Une manière simple de les différencier est de regarder la barre de contrepoids. Si celle-ci bouge lorsque vous orientez votre télescope (et si les axes d’azimut et de latitude sont bien fixes évidemment), il s’agit de l’ascension droite. Sinon, vous effectuez un mouvement en déclinaison.

Maintenant que le principe de fonctionnement de base d’une monture équatoriale n’a plus de secret pour vous, voyons comment l’utiliser concrètement.

Utilisation

Nous l’avons vu, le principal avantage de la monture équatoriale est sa capacité à suivre plus facilement les objets que vous observez en ne touchant qu’à l’axe d’ascension droite. Pour pouvoir profiter de ce suivi, vous allez devoir régler votre monture. Ce réglage s’appelle une mise en station.

J’ai commencé à vous en parler lorsque j’ai évoqué l’étoile polaire. Pour vous montrer comment faire concrètement, nous réaliserons prochainement une vidéo sur notre chaîne Youtube. Pour ne pas la louper, vous pouvez vous abonner ici.

La monture équatoriale a ses avantages et ses inconvénients. Si vous ne souhaitez faire que du visuel je ne vous la recommande pas forcément.

Une monture de type Dobson par exemple sera plus conseillée car bien plus simple à utiliser. Elle est également beaucoup moins coûteuse et vous permet donc pour le même budget d’avoir un tube avec un plus gros diamètre. (Bien sûr, ce conseil ne vaut que si vous désirez un télescope, et non une lunette astronomique.)

Si vous n’êtes pas très à l’aise avec certains termes utilisés, ou que vous hésitez encore pour l’achat de votre télescope (ou lunette), nous vous recommandons notre article « comment bien choisir son télescope ». Nous étudions son fonctionnement et vous aidons à faire votre choix en fonction de l’utilisation que vous en aurez.

En espérant que cet article vous ait éclairé sur cette monture de prime abord complexe.

N’hésitez pas à poser vos questions en commentaires et nous dire si vous avez réussi à dompter votre monture !

Et peu importe votre matériel, l’important est de garder la tête dans les étoiles… 🙂

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