3 critères pour Choisir les Meilleurs Oculaires pour votre Télescope

Aujourd’hui, nous allons traiter un sujet essentiel pour tout possesseur (ou futur possesseur) de télescope…

Vous l’aurez deviné au titre de l’article, il s’agit des oculaires.

Ces derniers sont ces petites pièces d’optique qui se trouvent entre le porte-oculaire et votre œil.
C’est donc à travers eux que vous observez quand vous utilisez votre télescope (ou lunette).

Si ces pièces sont essentielles, c’est parce qu’elles sont responsables à elles seules de 50% de la qualité de vos images.
(Les 50 autres % étant dépendants du télescope.)

Il faut donc prendre le temps de bien choisir ses oculaires.
Tout comme pour bien choisir son télescope.

L’oculaire est d’ailleurs le premier élément à faire évoluer au sein de votre matériel si vous souhaitez obtenir de meilleures images.

Seulement voilà : tout comme pour les télescopes, le choix en oculaires est très vaste.
Il est donc très difficile de s’y retrouver pour choisir le bon modèle pour l’utilisation que l’on souhaite avoir.

Dans cet article, nous allons donc voir ensemble 3 critères vous permettant d’y voir plus clair dans le choix de vos oculaires.

Mais juste avant, voyons plus en détail pourquoi il est important de changer les oculaires de son télescope.

Pourquoi changer les oculaires de votre télescope ?

Généralement, lorsqu’on achète un télescope, un ou deux oculaires sont fournis avec.
Vous vous demandez donc peut-être pourquoi il faudrait en acheter de nouveaux alors que vous en avez déjà.

Première raison de changer les oculaires de son télescope

Tout simplement parce que les oculaires fournis avec votre télescope sont au mieux pas terribles et au pire médiocres.

La première raison pour laquelle vous pourriez vouloir changer d’oculaires, c’est donc pour augmenter leur qualité.

En augmentant la qualité des oculaires, vous augmenterez la qualité de vos observations.
En effet, vous aurez une image de meilleure qualité (meilleur contraste, plus belles couleurs…), vous verrez également plus de détails…

La différence entre un oculaire bas de gamme et un bon oculaire peut vraiment être très importante pour la qualité de vos observations.

bon oculaire vs mauvais
Différence entre un bon oculaire et un mauvais

Deuxième raison d’acquérir de nouveaux oculaires pour votre télescope

La deuxième raison, c’est pour disposer d’une plus grande gamme d’oculaires.
En effet, un oculaire ne sert pas pour toutes les observations.
Chaque oculaire permet d’observer des objets différents, de manière différente.

Chacun d’eux est spécifique pour un type d’observation.
Ainsi, en faisant évoluer votre gamme d’oculaires, vous allez pouvoir effectuer des types d’observations différents et dans de meilleures conditions.

Ce qui va jouer le plus ici, ça va être le grossissement.
En effet, chaque cible peut être observée avec des grossissements particuliers, qui ne sont pas les mêmes pour chacune d’entre elles.

Par exemple, on va utiliser un grossissement beaucoup plus important pour des planètes que pour des grands objets du ciel profond.

Posséder différents oculaires va vous permettre d’obtenir différents grossissements pour différentes cibles.

Troisième raison de remplacer vos oculaires

La troisième raison qui peut vous donner envie de changer d’oculaires, c’est l’amélioration de votre confort d’observation.

Plusieurs paramètres rentrent en ligne de compte en ce qui concerne le confort d’observation.
Parmi eux, il y a notamment le champ de vision (que l’on verra par la suite).

Avant de passer à la suite, il faut savoir que de bons oculaires coûtent cher voire très cher.
Mais si vous les choisissez bien (bonne qualité et utile pour vos observations) et que vous les entretenez bien, vous pourrez les garder toute votre vie.

Il s’agit donc d’un investissement qui, comme pour votre télescope, mérite d’être bien réfléchi en amont.
Pas de panique, cet article est justement là pour vous aider.

Découvrons donc maintenant les 3 critères pour bien choisir vos oculaires.

Premier critère : la focale

Le premier critère à prendre en compte, c’est la longueur focale.
Pour les oculaires, c’est le même principe que pour les télescopes, la focale est exprimée en millimètres.

C’est la focale qui va permettre de définir le grossissement.
Plus la focale est petite, plus le grossissement sera élevé, à l’inverse du télescope.

En effet, le calcul du grossissement dépend de la focale de votre oculaire et de celle de votre télescope.
Et la formule est la suivante :

Grossissement = focale télescope / focale oculaire.

Comme pour toute division, lorsque la valeur du diviseur augmente, le résultat diminue.
Et inversement, lorsque la valeur du dividende augmente, le résultat augmente lui aussi.

Ainsi, plus la focale du télescope est élevée, plus le grossissement est élevé.
Alors que pour l’oculaire, c’est l’inverse : plus sa focale est élevée, plus le grossissement est faible.

Prenons un exemple concret pour que ce soit plus clair :

Imaginons que vous avez un télescope 130/900 (donc de focale 900).

Si vous utilisez un oculaire de 10 mm avec ce télescope, le grossissement sera donc de 900/10 = 90.

Avec un 130/900 et un oculaire de 10 mm de focale, vous grossissez 90 fois.

Si vous utilisez cette fois un oculaire de 25 mm, le grossissement sera de 900/25 = 36.

Avec un 130/900 et un oculaire de 25mm de focale, vous grossissez 36 fois.

Bon maintenant, on sait calculer le grossissement, mais comment on le choisit ?

Comment choisir son grossissement ?

Le grossissement à choisir va dépendre de plusieurs choses.
Tout d’abord, il va dépendre de ce que vous allez observer, forcément.

Comme nous le disions précédemment, un même grossissement ne s’utilise pas pour n’importe quelle cible.
Pour les petits objets comme les planètes ou les nébuleuses planétaires, vous allez avoir besoin d’un fort grossissement.

Tandis que pour les objets plus étendus comme les grandes nébuleuses ou les galaxies, on va avoir besoin d’un faible grossissement.
Cela nous permettra de voir l’objet dans son ensemble.

Néanmoins, le choix du grossissement ne dépend pas uniquement de la cible.
Ce serait trop facile !

Il dépend également de la qualité de votre télescope.

En effet, même si les oculaires participent jusqu’à 50% dans la qualité de vos images, ils ne peuvent pas faire de miracles.
Et votre télescope a ses limites.

Ainsi, il existe ce que l’on appelle un grossissement maximum que vous allez pouvoir utiliser avec votre télescope.

Au-delà de celui-ci, l’image sera mauvaise.

Grossissement maximum théorique

En théorie, vous pouvez grossir autant de fois que vous voulez en jouant sur les oculaires et autres accessoires.

Mais ce n’est pas vraiment une bonne idée.
Au-dessus d’un certain grossissement, l’image sera beaucoup trop mauvaise pour que cela présente un quelconque intérêt.

Mieux vaut avoir une image plus petite de l’objet, avec une très bonne qualité, plutôt qu’une image très grosse, toute floue.

Le grossissement maximum correspond donc au meilleur grossissement que vous pourrez obtenir avec votre télescope, sans trop dégrader la qualité des images.

Ce grossissement est dit théorique, car il va également dépendre de la qualité de votre ciel.
Ainsi, en théorie vous pouvez grossir jusqu’au grossissement maximum sans perdre de qualité, mais avec un ciel parfait.

Ce qui, en réalité, n’existe presque jamais (ou en tout cas beaucoup trop rarement).

Son calcul est le suivant :

Grossissement maximum théorique = diamètre du télescope x 2

Donc, pour un 130/900, ce serait 130 x 2 = 260.

Ainsi, en théorie, avec un ciel parfait, le 130/900 pourrait grossir jusqu’à 260 fois vos cibles.

Cependant, en raison notamment de la turbulence atmosphérique, ce grossissement est rarement utilisable.

Cela peut vous arriver, mais c’est de l’ordre de deux-trois fois par an.

Néanmoins, il existe un grossissement maximum pratique, que vous allez cette fois pouvoir utiliser la majorité du temps.

Grossissement maximum pratique

Ce grossissement dépend de votre télescope et des conditions d’observation.
Mais il se situe aux alentours d’une à une fois et demie le diamètre de votre télescope.

Pour le 130/900 par exemple, il est donc situé entre 130 et 195 fois, en fonction encore une fois des conditions.

Pour une lunette 80ED, il serait entre 80 et 120 fois.

Lorsque l’on prend une fois le diamètre du télescope, on parle également de grossissement utile.

Enfin, il existe également un grossissement minimum utilisable.

Grossissement minimum

Le grossissement minimum dépend cette fois de l’œil humain.
En effet, l’œil humain, et en particulier la pupille, possède un diamètre défini.

Et au niveau de l’oculaire, il y a ce que l’on appelle la pupille de sortie.
Elle correspond au diamètre du faisceau lumineux qui va sortir de l’oculaire, donc au diamètre de l’image de sortie.

Ce diamètre va être limité par la taille de notre pupille, puisque si la pupille de sortie est trop grande, notre œil ne sera pas capable de capter toute la lumière.

En fonction de l’âge, l’œil humain, la nuit, possède une pupille de diamètre compris entre 5 et 7 mm.
7 mm pour les enfants et 5 mm pour les seniors.

pupille de sortie

Pour obtenir le grossissement minimum, il faudra donc effectuer le calcul suivant :


Grossissement minimum = diamètre télescope / pupille de sortie (≈ 5-7 mm)

Ici, nous allons prendre une pupille de sortie moyenne de 6 mm.
Cela donne donc, pour un 130/900, un grossissement minimum de 130/6 ≈ 21.

Ainsi, avec un télescope de 130 mm de diamètre, vous pourrez grossir au minimum 21 fois.
Pas moins, sinon votre œil ne sera pas capable de capter toute la lumière récoltée par votre télescope.

Vous connaissez maintenant les grossissements minimum et maximum que votre télescope peut vous donner.
L’idée à partir de là, ça va être d’avoir un panel d’oculaires permettant d’obtenir différents grossissements entre ces deux valeurs.

Mais alors, comment choisir ses oculaires pour obtenir le grossissement souhaité ?

Comme nous l’avons vu, le grossissement dépend de la focale de votre télescope et de celle de votre oculaire.

Nous allons ainsi voir ensemble comment connaître la focale de l’oculaire nécessaire pour obtenir le grossissement souhaité.

Calculer la focale de l’oculaire pour un grossissement donné

Ici, nous allons voir, à partir du grossissement souhaité et de la focale de votre télescope, comment calculer la focale de l’oculaire.

Le calcul est simple :

Focale oculaire = focale télescope / grossissement souhaité

Prenons encore l’exemple du 130/900.

Imaginons que nous voulions un oculaire permettant d’atteindre le grossissement utile (1 fois le diamètre du télescope).

Ici, le calcul serait donc 900/130 = 6,9, que l’on arrondit à 7.

Ainsi, avec un oculaire de 7 mm de focale, sur un 130/900, vous obtiendriez le grossissement utile.
Exprimé autrement, cela signifie que 7 mm serait la focale d’oculaire minimum à utiliser avec ce télescope pour obtenir le plus fort grossissement sans perte de qualité.

C’est le même calcul pour tous les grossissements, vous prenez la focale de votre télescope que vous divisez par le grossissement souhaité.
Vous obtenez ainsi la focale (en millimètres) de l’oculaire qu’il vous faut.

Maintenant que le premier critère n’a plus de secrets pour vous, passons au second !

Second critère pour bien choisir ses oculaires : le champ de vision

Le second paramètre à prendre en compte pour bien choisir ses oculaires est le champ de vision.
Il correspond à la taille (en degrés) de la zone que vous allez pouvoir observer à travers votre oculaire.

champ de vision
Exemple de champ de vision

Généralement, avec les oculaires qui sont fournis avec les télescopes, le champ de vision est autour de 50°.

En ce qui concerne le champ de vision, l’idéal est qu’il soit le plus grand possible.
Plus votre champ de vision est grand et mieux c’est.
(Surtout pour les observations du ciel profond. C’est un peu moins valable pour le planétaire.)

En effet, avoir un grand champ va vous donner une sensation d’immersion.
Vous aurez vraiment l’impression d’être immergé dans votre image et pas d’observer dans un petit trou de serrure.
C’est un peu comme voir un film au cinéma et le voir sur un tout petit écran.

Ce ne sont pas les mêmes sensations.

Certains oculaires peuvent dépasser les 100° de champ.
Malheureusement, vous vous en doutez, il y a une limite à cela.
En effet, plus le champ de vision est grand, plus l’oculaire coûte cher.

Donc pour choisir votre oculaire, vous allez devoir faire un compromis entre le champ et votre budget.

Sachant que comme nous l’avons vu, avoir un grand champ est surtout important pour le ciel profond.
Pour le planétaire ça l’est moins, parce que les objets sont petits donc forcément avoir un grand champ est moins indispensable.

Le champ ne va pas modifier le fait que les planètes soient petites.
Avec un grand champ, vous verrez juste un peu plus ce qui entoure la planète que vous visez.
Ce n’est donc pas forcément utile.

Maintenant que nous avons étudié le deuxième critère, passons au troisième et dernier critère de cet article.

Troisième critère pour choisir ses oculaires : le coulant

La troisième caractéristique importante dans le choix d’un oculaire, c’est ce que l’on appelle le coulant.
Il s’agit du diamètre de la jupe (partie métallique qui rentre dans le porte-oculaire), souvent donné en pouces.

coulant

Il existe principalement deux types de coulants utilisés couramment.
Un petit et un plus grand.
Le premier mesure 1,25 pouce (≈ 32 mm) et le second mesure 2 pouces (≈ 51 mm).

Quel coulant devez-vous choisir pour vos oculaires ?

Le coulant dépend essentiellement de votre télescope.
En effet, comme nous l’avons vu, le coulant est le diamètre de la partie qui rentre dans le porte-oculaire.

Il faut donc que votre oculaire possède le bon coulant pour rentrer dans le porte-oculaire de votre télescope.
Par exemple, le télescope Skywatcher 130/900 de Laura possède un porte-oculaire de petit coulant (1,25 pouce).

porte-oculaire petit coulant
Porte-oculaire à petit coulant

Tandis que sa lunette 80ED possède un gros coulant (2 pouces).

porte-oculaire gros coulant
Porte-oculaire à gros coulant

Néanmoins, même si généralement le coulant des oculaires dépend de la taille de votre porte-oculaire, il existe des solutions.

Notamment si vous possédez un porte-oculaire de gros coulant et que vous souhaitez utiliser avec des oculaires de petit coulant.
Il existe des adaptateurs, à poser dans le porte-oculaire, qui permettent de faire le lien entre le porte-oculaire à gros coulant et l’oculaire.

adaptateur gros coulant vers petit coulant
Adaptateur gros coulant vers petit coulant

Pour l’inverse (utilisation d’un oculaire de gros coulant avec un porte-oculaire de petit coulant), c’est un peu plus compliqué.

En effet, il faut changer le porte-oculaire.
Ce qui n’est malheureusement pas forcément possible sur tous les télescopes.

C’est a priori le cas sur les télescopes de type Schmidt-Cassegrain, sur lesquels on peut dévisser la base du porte-oculaire pour mettre un adaptateur gros coulant.

Mais sachez que dans la majorité des cas, ce sera au mieux compliqué et au pire tout simplement impossible.

En général, les oculaires planétaires ont un petit coulant et les oculaires pour le ciel profond ont plutôt un gros coulant.

Mais ce n’est pas une règle absolue.

Par ailleurs, sachez que certains oculaires sont conçus pour pouvoir être utilisés avec les deux coulants.

oculaire double coulant
Exemple d’oculaire à double coulant

Ce type d’oculaires est bien pratique si vous possédez plusieurs télescopes avec des portes-oculaires de différents coulants.

Ou même si pour l’instant vous avez tel porte-oculaire, mais que vous pensez par la suite changer de télescope avec potentiellement un porte-oculaire de coulant différent.

Conclusion

Nous venons donc de faire le tour des trois critères à prendre en compte.
Nous espérons que vous y voyez un peu plus clair dans le choix des oculaires.

Tout en sachant que cet article reprend vraiment la base des critères à prendre en compte concernant les oculaires, mais il n’est pas exhaustif.

Il existe encore de nombreuses caractéristiques propres aux oculaires comme le dégagement oculaire, la conception optique (les lentilles, les traitements…)…

Tous ces paramètres à prendre en compte sont regroupés dans un PDF, à télécharger gratuitement.

Il contient tous les calculs que nous avons vus dans cet article, ainsi qu’un plan en cinq étapes pour choisir vos oculaires.
En fonction de votre télescope, de vos observations et de votre budget.

Vous n’avez plus qu’à suivre les étapes du plan pour choisir vos oculaires !

Dites-nous dans les commentaires quels oculaires vous avez choisis !

En attendant de recevoir vos nouveaux oculaires, pensez à garder la tête dans les étoiles !

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