12 étapes pour devenir un Pro de l’ASTRONOMIE AMATEUR

Peut-être que vous rêvez de photographier des nébuleuses ? Ou d’observer les anneaux de Saturne ? Ou les cratères de la Lune en gros plan ?

Bref : vous avez envie de vous lancer dans le merveilleux monde de l’astronomie amateur !

Le problème c’est que vous ne savez peut-être pas par où commencer.

Par quelle étape commencer ? Est-ce que vous devez tout de suite acheter un télescope (et lequel) ?

Dans cet article, nous allons justement voir les 12 étapes qui vous permettront de démarrer l’astronomie simplement. Puis de progresser petit à petit jusqu’à devenir un astronome amateur confirmé !

nébuleuse tête de cheval
La nébuleuse tête de cheval (ou Barnard 33)

Juste une petite précision avant de commencer :

L’astronomie est un domaine assez complexe.

Le but de cet article est donc de prendre un peu de recul. De vous donner une vue globale de ce qu’il est possible de faire dans cette pratique.

Et surtout de vous faciliter la vie dans votre parcours d’astronome amateur.

Même s’il n’existe pas vraiment de parcours type (il existe autant de chemins que d’astronomes), il existe une suite logique d’étapes / de connaissances à acquérir qui vous aideront à progresser sans trop d’embûches.

Si vous suivez les étapes dans l’ordre dans lequel je vais vous les présenter ?

Alors vous réduisez fortement la complexité. Et diminuez donc vos chances de vous décourager et d’abandonner.

L’idée, c’est toujours d’y aller étape par étape. Et en prenant son temps (les étoiles ne devraient pas s’envoler !).

Allez, c’est parti, on commence avec la première étape.

1. Contempler le ciel nocturne

Eh oui… lever les yeux au ciel et observer les étoiles c’est déjà pratiquer l’astronomie amateur !

Si vous vous intéressez à l’astronomie, c’est sûrement quelque chose que vous faites déjà. Sans vraiment y penser.

La curiosité, l’émerveillement devant la beauté céleste et l’envie de découvrir l’Univers, c’est ça qui est à l’origine de cette pratique.

Si les étoiles vous fascinent ? Alors vous êtes déjà très bien parti :).

Je pense qu’il n’y a pas besoin de plus d’explications sur cette étape, passons à la suivante.

2. La base de l’astronomie amateur : Apprendre à se repérer dans le ciel

On arrive dans le vif du sujet.

Cette étape est primordiale, peu importe la voie que vous allez choisir ensuite (on voit ça juste après).

Ici, vous n’avez besoin d’aucun instrument, vous n’utiliserez que vos yeux.

observation oeil nu
Observer le ciel à l’oeil nu

Voici les différents points à connaître :

  • Savoir repérer les constellations les plus connues
  • Connaître et repérer les étoiles les plus brillantes
  • Comprendre les mouvements du ciel (les bases de la mécanique céleste)
  • Savoir différencier les planètes des étoiles

Je vous rassure : à cette étape vous n’avez pas besoin de connaître le ciel comme votre poche.

Vous devez simplement connaître les étoiles et les constellations les plus importantes. Et surtout être capable de les localiser dans le ciel nocturne.

C’est fait ? Alors passons à la suite !

3. Acheter une paire de jumelles

Si vous vous intéressez à l’astronomie depuis quelque temps ?

Alors vous avez sûrement très envie d’acheter un télescope (ou peut-être que vous en avez déjà un).

jumelles orion 10x50
Jumelles Orion 10×50

Je vous arrête tout de suite !

Acheter un télescope à cette étape-là n’est pas la meilleure idée qui soit.

“Mais pourquoi ?! Moi aussi je veux contempler les anneaux de Saturne et la galaxie d’Andromède de mes propres yeux !!”

Je comprends. Seulement commencer directement avec un télescope augmente fortement la difficulté à observer les astres.

Et ça pour 4 raisons :

  1. Vous devez connaître et savoir utiliser le télescope et ses différents accessoires (chercheur, oculaire, etc.). C’est forcément plus complexe qu’une paire de jumelles.
  2. Vous n’observez qu’avec un seul œil (contre 2 avec des jumelles), ce qui est moins évident pour commencer.
  3. Le télescope possède un pouvoir grossissement plus élevé. Vous “zoomez” donc bien plus dans le ciel, ce qui est très déroutant au début.
  4. L’image est inversée. L’image que vous observez à travers un télescope est inversée. Même si ce n’est pas vraiment un problème pour observer, ça complique la tâche pour viser la cible.
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Vous avez beaucoup moins de contraintes avec une paire de jumelles. Déjà parce que vous savez l’utiliser instinctivement. Vous n’avez pas besoin de passer du temps pour la monter, l’installer, la régler, l’utiliser…

Mais aussi parce qu’elle grossit beaucoup moins l’image. C’est donc bien plus simple de trouver ses repères dans le ciel. (Même si ça demande également un petit temps d’adaptation.)

Pour savoir quelles jumelles d’astronomie acheter, je vous renvoie à l’article que j’ai rédigé sur le sujet.

jumelles astronomie
Quelles jumelles acheter ?

(Mais si c’est vraiment ce qui vous fait envie et qu’une paire de jumelles ne vous tente pas du tout, alors allez-y, achetez un télescope. Mais je vous aurais prévenu !)

Une fois que vous avez bien profité de vos jumelles ? Alors il est temps de passer à l’étape n°4 !

4. La matériel préféré de l’astronome amateur

Vous l’attendiez avec impatience, voici enfin l’étape de l’achat d’un télescope (ou lunette astronomique) !

Une fois que vous savez vous repérer à l’œil nu et aux jumelles, c’est désormais le meilleur moment pour passer à un télescope.

télescopes
Les différents types de télescopes

Votre première mission va être de choisir un télescope. Et ça… c’est loin d’être évident.

Pour vous aider dans votre recherche (et vous faire gagner du temps), j’ai rédigé un dossier complet sur le sujet (ainsi que filmé 2 vidéos).

Le voici : bien choisir son télescope.

Sachez que vous n’avez pas besoin de mettre dépenser beaucoup pour commencer (mais quand même un minimum pour avoir de la bonne qualité).

L’idée, ça va d’abord être de voir si l’astronomie amateur vous plaît vraiment.

Mieux vaut donc commencer par quelque chose de simple et de polyvalent (observation des planètes et du ciel profond).

Une fois que vous avez trouvé le télescope qui vous convient, vous pouvez passer à l’étape suivante.

5. Apprendre à utiliser un télescope

Eh oui, un télescope étant plus complexe qu’une paire de jumelles, vous allez passer plus de temps à apprivoiser la bête.

Une fois votre matériel réceptionné, vous allez devoir le monter. Puis apprendre à l’utiliser (comme le régler, viser les astres avec, etc).

Cette étape prend un peu de temps (surtout si la météo n’est pas de votre côté et que vous ne pouvez observer que quelques nuits par mois).

Pour vous aider, j’ai réalisé une formation qui s’appelle “premiers pas avec un télescope“. Elle vous apprend justement comment monter, régler et utiliser votre télescope. Pour que vous soyez prêt à faire vos premières observations dès ce soir !

Vous pouvez la télécharger gratuitement en cliquant sur le lien du paragraphe précédent.

Passons à l’étape suivante.

6. Améliorer votre matériel

Ça y est. Vous connaissez maintenant bien votre nouveau jouet. Vous avez déjà fait de nombreuses soirées d’observations.

Vous avez pu contempler la Lune en gros plan (splendide n’est-ce pas ?). Vous avez fait coucou aux satellites de Jupiter.

Peut-être avez-vous pu admirer quelques objets du ciel profond comme la galaxie d’Andromède, l’amas d’Hercule ou les Pléiades.

Il est maintenant temps de passer au niveau supérieur. En améliorant votre matériel avec des accessoires.

L’accessoire clé ?

C’est l’oculaire. L’oculaire est ce petit élément optique sur lequel vous posez votre œil pour observer. De base, 1 ou plusieurs oculaires sont fournis quand vous achetez un télescope.

oculaire
Un oculaire

Mais ils ne sont généralement pas de très bonne qualité.

Passer sur des oculaires plus haut de gamme peut vraiment radicalement changer ce que vous observez avec votre matériel. C’est donc le premier élément à faire évoluer sur votre setup.

Voici quelques autres éléments que vous pouvez ajouter / changer sur votre télescope :

  • Le système de pointage d’astre (chercheur, viseur…). Ça vous permettra de viser les astres bien plus facilement.
  • Ajouter des filtres (solaire, lunaire, planétaires).

Vous connaissez désormais votre télescope par cœur ? Vous possédez de bons oculaires ? Vous avez pu contempler le Soleil avec un filtre solaire ? Vous avez observé des détails sur Vénus et sur Jupiter grâce à des filtres de couleur ?

Alors on se retrouve à la prochaine étape.

7. Passer à un télescope plus performant

Cette étape est optionnelle. Si vous possédez déjà un bon télescope, vous pouvez passer à la suite.

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(Bien sûr il est toujours possible de faire mieux.)

Vous vous êtes rendu compte que les planètes sont les objets célestes qui vous fascinent le plus ? Alors optez pour un télescope spécialisé dans cette catégorie. Comme le Maksutov.

Si au contraire vous êtes subjugué par les objets du ciel profond (galaxies, nébuleuses, amas) ? Alors augmentez le diamètre de votre télescope. Si vous avez un Dobson 200/1200 vous pouvez par exemple passer à un 300 ou 400 mm.

gros Dobson
Un gros Dobson

À partir de là, vous pouvez vous arrêter ici.

Les prochaines étapes sont plus une question d’envie que de connaissances (mais vous avez tout de même besoin des connaissances et de l’expérience que nous venons de voir pour passer à la suite).

8. Vous lancer dans l’astrophotographie

Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que l’astrophotographie n’est PAS supérieure au visuel (= l’observation – ce qu’on vient de voir jusqu’ici).

Certains experts en astronomie amateur ne pratiquent pas l’astrophoto. Ils ne font que du visuel, simplement parce que c’est ce qu’ils aiment le plus.

Malgré ça, l’astrophotographie est un domaine plus complexe que le visuel.

ngc6960
NGC 6960 ou Nébuleuse du Balai de Sorcière Crédits : Image Processing : Oliver Czernetz – Data : Digitized Sky Survey (POSS-II)

En effet, pour pratiquer l’astrophoto vous devez avoir de fortes connaissances en :

  • Astronomie (tout ce qu’on vient de voir, voire plus)
  • Photographie
  • Traitement d’images

C’est la raison pour laquelle il est conseillé de ne pas se lancer directement dans l’astrophotographie (à moins que vous possédiez déjà de bonnes connaissances en photo).

Skywatcher 80ED sur monture HEQ5 pro

En suivant les étapes que je vous ai recommandées, vous allez petit à petit développer vos connaissances en astronomie. Vous n’aurez ensuite plus que la partie photo et traitement à apprendre (ce qui fait déjà beaucoup) !

Sachez aussi qu’en plus de tout ça, le matériel d’astrophoto est encore bien plus cher que le matériel pour l’astronomie visuelle !

(Comptez 1 000€ au grand minimum. Et encore, avec ce budget vous serez vite limité.)

Une fois votre matériel d’astrophotographie acquit et vos premières sessions de shoot, vous pouvez passer à l’étape numéro 9.

9. S’améliorer en astrophotographie

Pour vous améliorer ? Vous devez pratiquer. Encore et encore et encore et encore…

Ensuite ? Vous devez toujours pratiquer…

Bref… Vous pouvez pratiquer l’astrophotographie toute votre vie et continuer de vous améliorer.

L’astrophotographie est un domaine tellement complet et complexe que vous n’avez pas fini d’apprendre.

Mais c’est justement ça qu’on aime !

nébuleuse de la lyre (M57)
Nébuleuse de la Lyre (M57) Crédits : NASA, ESA, and the Hubble Heritage (STScI / AURA)- ESA / Hubble Collaboration

Comme on l’a vu dans la partie précédente, vous avez 3 domaines dans lesquels vous pouvez développer vos compétences :

  • L’astronomie (gestion de la monture, alignement polaire…)
  • La photographie (utilisation de la caméra, choix du cadrage, réglages…)
  • Le traitement d’images (stacking, retouches…)

Sans parler de l’utilisation des accessoires et des logiciels allant avec.

Une fois que vous vous êtes entraîné encore et encore ? Que vous pensez avoir fait le tour de votre matériel actuel ?

Alors c’est le moment de passer à la suite.

10. Faire évoluer votre matériel d’astrophotographie

À un moment donné, ce ne seront plus vos compétences qui vous limiteront. Mais votre matériel. La seule solution ? Passer sur du matériel plus performant.

Voici quelques éléments que vous pouvez changer / ajouter pour améliorer vos photos :

  • Changer de télescope ou lunette (+ monture puisque ça va avec)
  • Ajouter des accessoires (réducteur de focale, correcteur de coma, correcteur de champ, filtres…)
  • Ajouter un système d’autoguidage (c’est ce qui vous permettra d’augmenter le temps de pose de vos photos. Donc de récolter plus de lumière. Donc de faire de plus belles photos.
  • Changer de caméra (prendre par exemple une caméra dédiée à l’astrophotographie)
  • Ajouter d’un système de commande à distance vous permettant de piloter tout votre matériel au chaud depuis chez vous (mon système préféré :))
Caméra dédiée ASI 1600mm Pro

Vous pouvez également changer de domaine.

En effet, l’astrophotographie des planètes et l’astrophoto du ciel profond sont 2 mondes différents. Généralement, ce n’est pas le même matériel qui est utilisé (même si ça peut parfois). Que ce soit au niveau du télescope, mais également de la caméra.

Comme vous l’avez sûrement compris maintenant, il est presque impossible de finir complètement cette étape.

Vous pourrez toujours développer de nouvelles compétences en astrophoto. Ou bien passer sur du meilleur matériel.

Les 2 étapes suivantes sont donc encore une fois optionnelles. Mais n’ont également pas vraiment de rapport avec les compétences que vous avez développées jusqu’ici.

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Si je les ai mises à la fin c’est parce qu’elles sont généralement réalisées par des astronomes confirmés. Des personnes complètement passionnées par l’astronomie amateur depuis de nombreuses années.

J’arrête le suspens. C’est parti pour l’étape 11.

11. Construire son propre télescope

Oui… Construire son propre télescope c’est possible !

Vous vous en doutez, en plus de parfaitement connaître le fonctionnement d’un télescope, vous devez également être bon bricoleur pour vous lancer dans cette aventure.

Peu d’astronomes achèvent cette étape.

Et vous pouvez très bien devenir un expert de l’astronomie amateur sans jamais construire votre propre télescope.

Pour les intéressés : ce type de télescope est appelé un Strock.

Voici à quoi il ressemble.

Télescope Strock – image : Futura-sciences

Et voilà, c’est maintenant le moment de découvrir la dernière et ultime étape qui fera de vous un pro de l’astronomie amateur !

12. Construire son observatoire personnel

Après le télescope, pourquoi pas construire votre propre observatoire… ?!

Vous vous demandez peut-être quel est l’intérêt…

Voici quelques avantages d’avoir son propre observatoire dans son jardin :

  • Le plus important : ne pas avoir besoin d’installer et de désinstaller son matériel à chaque observation. Cette préparation prend un temps fou. Avoir un matériel toujours à disposition et prêt en 30 secondes est donc un énorme avantage.
  • Protéger le matériel des intempéries. Ça vous permet également de vous protéger vous-même du froid et du vent par exemple.
  • Contrôle à distance. Là aussi vous pouvez piloter tout votre matériel directement sous un plaid au fond du canapé.
  • Avoir la classe. Quoi de plus classe que d’avoir SON observatoire dans son jardin ?!

Ce projet est encore une fois réalisé par des astronomes bricoleurs. Mais pas que !

Si vous voulez profiter des nombreux avantages cités au-dessus sans avoir besoin de bricoler quoi que ce soit, des entreprises vendent des observatoires tout prêts. Que vous n’avez plus qu’à poser et installer dans votre jardin.

En voici un exemple vendu par Astroshop.

Observatoire personnel

Génial non ?!

Eh bien voilà, vous savez tout.

Évidemment, vous pouvez ensuite continuer d’apprendre. Continuer de faire évoluer votre matériel. Encore et encore…

L’astronomie visuelle et l’astrophotographie peuvent également être pratiquées en même temps.

Vous pouvez par exemple avoir tout votre setup en train de photographier le ciel. Et observer juste à côté à travers un Dobson.

L’idée derrière cet article est surtout de vous montrer que rien ne sert de se précipiter.

Les étoiles ne s’envoleront pas (j’espère). Y aller petit à petit est votre meilleure chance de progresser avec le moins d’obstacles (vous en aurez quand même toujours) et surtout de ne pas abandonner en chemin car vous vous serez dégoûté de cette pratique.

Que vous suiviez ces étapes ou non, j’espère que cet article vous aura aidé à y voir plus clair. Et que vous êtes désormais paré à vous lancer dans cette magnifique passion.

Si vous avez des questions, posez-les en commentaires. J’essaierai d’y répondre du mieux possible.

Et si vous connaissez des personnes autour de vous qui rêvent depuis longtemps de se lancer, mais qui n’ont pas encore osé franchir le pas, envoyez-leur cet article pour les motiver à se lancer !

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bon ciel.

Et… gardez la tête dans les étoiles ! 🙂

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