Schmidt-Cassegrain ou Maksutov-Cassegrain : quelles sont les différences ?

L’observation des planètes vous fait rêver…
Et vous savez qu’il existe deux types de télescopes dédiés spécifiquement à ce type d’observations, les Schmidt-Cassegrain et les Maksutov-Cassegrain.

Mais ce que ne vous savez pas, c’est lequel choisir et pourquoi. (Rassurez-vous, il est toujours difficile de choisir son télescope pour bien débuter).

Ça tombe bien, c’est que nous allons voir en détail dans cet article !

On commence tout de suite avec une description de ces deux télescopes.

Les télescopes de type Cassegrain

Comme leur nom l’indique, les Schmidt-Cassegrain et les Maksutov-Cassegrain sont tous les deux des télescopes de type Cassegrain.

Nous allons donc commencer par voir rapidement ce qu’est un télescope Cassegrain.

Conception optique des Cassegrain

De type réflecteur, le télescope de Cassegrain est composé de deux miroirs (comme les Newton).
Un miroir primaire concave et parabolique et un miroir secondaire convexe et hyperbolique.

La principale caractéristique de ce type de télescope, est sa compacité. En effet, contrairement au Newton, la longueur focale du Cassegrain ne correspond pas à la longueur du tube.

Ceci s’explique tout simplement par sa conception, différente du Newton.

Dans un tube de Cassegrain, la lumière entre par l’avant, vient frapper le miroir primaire au fond…
Puis est renvoyée vers le miroir secondaire à l’avant, avant de re-parcourir le tube jusqu’au porte-oculaire situé au centre du primaire.

schema telescope cassegrain

La lumière parcourt donc trois fois la longueur du tube. Alors que dans un Newton, elle ne la parcourt que deux fois, le porte-oculaire étant situé à l’avant du tube.

schema telescope newton

Pour un tube de même longueur, la longueur focale d’un Cassegrain est donc bien plus importante que celle d’un Newton.

Ce qui permet ainsi de réduire la taille du tube, tout en obtenant des focales plus élevées.
(Elles atteignent en moyenne une longueur de l’ordre de 5 à 7 fois celle du tube).

Mais le problème de ce dispositif optique est qu’il présente des aberrations optiques.

Raison pour laquelle, les télescopes de Schmidt et de Maksutov ont par la suite été inventés.

Juste avant de voir ces deux télescopes, arrêtons-nous sur une petite particularité des Cassegrain.

Particularité des télescopes de type Cassegrain

Contrairement aux télescopes de type Newton, la mise au point ne s’effectue pas par un mouvement du porte-oculaire.

En effet, pour régler la netteté de l’image, sur un Newton (comme sur une lunette)…
On fait avancer ou reculer le porte-oculaire dans le tube.

mise au point newton
Sur un Newton, la mise au point se fait en déplaçant le porte-oculaire

Dans le cas des Cassegrain, c’est en réalité tout le miroir primaire que vous déplacez en tournant la molette de mise au point.

Puisqu’en fait le porte-oculaire situé à l’arrière du tube est fixe.

Cette conception particulière avait un gros défaut sur les premiers modèles…
Car le mouvement du miroir primaire n’était pas suffisamment uniforme.

Ainsi, l’alignement des miroirs était modifié très facilement à chaque manipulation, rendant l’image beaucoup moins nette.

Il était donc nécessaire d’effectuer très régulièrement un réglage que l’on appelle collimation.
Ce réglage consiste à réaligner les deux miroirs pour obtenir l’image la plus nette possible.

Ce problème n’en est heureusement plus un aujourd’hui ! Le mouvement du miroir est très précis et bien réparti sur ces télescopes. Il n’y a donc plus besoin de collimater le miroir primaire.

Maintenant que vous savez tout sur les Cassegrain, voyons en détail le Schmidt-Cassegrain.

Le télescope de type Schmidt-Cassegrain

Basé sur le télescope de type Cassegrain, le Schmidt-Cassegrain possède deux améliorations.

La première, c’est le changement de forme du miroir primaire. Parabolique sur le Cassegrain, il est désormais sphérique.

Tout simplement parce que les miroirs sphériques sont plus simples à fabriquer et donc moins chers.

Ensuite, comme on l’a vu plus haut, le Schmidt-Cassegrain a été inventé pour corriger les aberrations optiques de son ancêtre.

Pour cela, on a ajouté ce que l’on appelle une lame de Schmidt à l’entrée du télescope. Il s’agit tout simplement d’une lentille.

Nous allons voir que c’est surtout la présence de cette lame qui le distingue de son cousin le Maksutov.

Et qui lui confère la plupart de ses avantages, mais également de ses inconvénients.

Passons maintenant au Maksutov.

Le télescope de type Maksutov-Cassegrain

Inventé après le Schmidt-Cassegrain, le Maksutov est lui aussi un instrument dit catadioptrique.

Ce mot barbare signifie simplement que son système optique comprend à la fois une lentille et un miroir.

En effet, toujours basé sur le télescope de type Cassegrain, le Maksutov remplace la lame de Schmidt par un ménisque.
Ce ménisque est également une lentille, mais bien plus épaisse que la fine lame de Schmidt.

Son avantage principal ? Elle coûte bien moins cher à fabriquer que la lame de Schmidt.
Enfin, la plupart du temps… (Nous y reviendrons après.)

Du côté du miroir primaire, le Maksutov emprunte son miroir sphérique à son collègue Schmidt.

En revanche, il possède une petite différence du côté du miroir secondaire.
En effet, celui-ci peut être soit directement enchâssé au centre du ménisque…

Ou dans certains cas, il s’agit simplement d’une petite section circulaire aluminisée au centre du ménisque. C’est-à-dire que le miroir secondaire est réduit à un petit dépôt d’aluminium sur la lentille.

Le miroir secondaire est ainsi plus petit sur un Maksutov que sur un Schmidt.

En ce qui concerne le trajet de la lumière, il est à peu près similaire entre le Schmidt et le Maksutov.

La lumière traverse le ménisque (ou la lame) puis va frapper le miroir primaire au fond du tube…
Avant d’être réfléchie vers le miroir secondaire (situé derrière le ménisque) pour atteindre enfin le porte-oculaire à l’arrière du tube.

schéma conception optique Maksutov et Schmidt Cassegrain

Petite parenthèse avant de passer à la suite. Il existe une autre amélioration du télescope de type Cassegrain : le Ritchey-Chrétien.

La disposition optique est la même, mais la forme des miroirs change. On ne s’étendra pas sur ce type de télescope ici, mais sachez qu’il existe.

Si vous souhaitez en savoir plus, nous avons réalisé un article consacré au Ritchey-Chrétien.

Passons maintenant aux avantages et inconvénients du Schmidt et du Maksutov !

Maksutov-Cassegrain

Commençons tout de suite avec le Maksutov-Cassegrain !

Avantages du Maksutov-Cassegrain

Parmi les avantages du Maksutov, il y a surtout le meilleur piqué d’images.
Tout d’abord parce que le miroir secondaire est plus petit.

L’obstruction est donc moins importante sur les Maksutov que sur les Schmidt.
(Celle-ci est due à la présence du miroir secondaire devant le primaire, qui empêche une partie des rayons lumineux d’entrer dans le tube.)

De ce fait, les images sont plus contrastées avec un Mak qu’avec un Schmidt, à diamètre égal.

Par ailleurs, le ménisque du Maksutov peut être façonné et poli plus précisément que la fine lame de Schmidt. Il offre donc une meilleure qualité d’images.

Encore grâce à son ménisque, le Maksutov est, à diamètre égal, moins cher que le Schmidt.

Enfin, contrairement aux Schmidt, l’optique des Maksutov est très stable. Il n’y a donc pas besoin de faire de collimation (ou dans de très rares cas).

Inconvénients du Maksutov-Cassegrain

Malgré ses nombreux avantages sur le Schmidt, le Maksutov n’est pas parfait. Ce serait bien trop facile !

Comme on l’a vu, le ménisque du Maksutov est bien plus épais que la lame de Schmidt.
Conséquence : il est bien plus lourd que son cousin à diamètre égal.

Il prend également plus de temps à se mettre en température. En moyenne, il lui faut au minimum 1 heure. Et parfois pas moins de 2 heures pour être parfaitement acclimaté.

(La durée varie en fonction du diamètre et de la différence de température intérieur/extérieur.)

Tandis que pour le Schmidt, 45 à 60 minutes suffisent.

Toutefois, ce n’est pas un inconvénient trop problématique. En effet, il suffit de sortir votre télescope au moins 1 heure avant votre soirée d’observations.

Plus embêtant en revanche, la conception du ménisque le rend très difficile à fabriquer au-delà d’un certain diamètre.

Deux conséquences à ça.

La première, c’est que les Maksutov sont limités en diamètre (souvent pas plus de 180 mm).

Et la seconde, c’est que leur prix s’envole quand on dépasse un certain diamètre.
Il vous coûtera alors plus cher d’investir dans un Mak que dans un Schmidt pour le même diamètre.

Enfin, dernier inconvénient…

(Qui n’en est peut-être pas un pour vous d’ailleurs…)

Les Maksutov sont très bons en planétaire, mais limités en ciel profond. Ils sont donc moins polyvalents que leurs cousins Schmidt.

Résumé des avantages et inconvénients du Maksutov

Avantages :

  • Meilleur piqué d’images
  • Collimation qui ne bouge presque pas (pas besoin de la refaire)
  • Obstruction moins importante
  • Moins cher pour les petits diamètres

Inconvénients :

  • Grands diamètres inaccessibles
  • Plus lourd qu’un Schmidt à diamètre égal
  • Mise en température plus longue
  • Dédié surtout au planétaire = peu polyvalent

Passons maintenant au Schmidt-Cassegrain !

Schmidt-Cassegrain

Du côté du Schmidt, ses avantages et inconvénients vont surtout être liés à la lentille qu’il contient.

On voit ça tout de suite avec les avantages !

Avantages du Schmidt-Cassegrain

Comme on l’a vu, le ménisque est bien plus épais que la lame de Schmidt.

C’est cette différence qui rend les Schmidt-Cassegrain plus légers que leurs collègues Maksutov.
Leur mise en température est également plus rapide. Même si elle reste plus élevée que sur les Newton par exemple, en raison du tube qui est fermé.

Par ailleurs, la lame de Schmidt n’est pas limitée en taille comme le ménisque et donc il est possible d’avoir des Schmidt de plus gros diamètres.

Ce qui participe à leur dernier avantage : ils sont plus polyvalents.

En effet, pour l’observation du ciel profond, ce qu’on veut c’est capter le plus de lumière possible.
Puisque les objets du ciel profond sont très peu lumineux.

Ce qui permet de capter plus de lumière, c’est la taille de l’ouverture : plus elle est grande mieux c’est.

Ainsi, avec la possibilité d’avoir un Schmidt de grand diamètre, on gagne la possibilité d’améliorer les observations du ciel profond.

Passons maintenant aux inconvénients.

Inconvénients du Schmidt-Cassegrain

Parmi les inconvénients du Schmidt-Cassegrain, on trouve d’abord le prix.

En effet, le Maksutov-Cassegrain a été inventé après lui justement pour proposer un télescope moins onéreux.

Car la lame de Schmidt coûte plus cher à fabriquer que le ménisque des Mak.

Aussi, à part pour les gros diamètres…
(Où les prix des Maksutov s’envolent à cause de la difficulté de fabriquer de grandes lentilles.)

Les Schmidt-Cassegrain sont plus chers que leurs concurrents Maksutov.

Leur second inconvénient, c’est qu’ils sont plus sensible aux déréglages.
Et pas qu’un peu !

Un simple quart de tour de vis sur le réglage du miroir secondaire suffirait à provoquer une perte de résolution optique de l’ordre de 2/3. C’est énorme !

Il est donc nécessaire d’effectuer régulièrement une collimation.

S’il s’agit d’un réglage plutôt facile sur les télescopes de type Newton, elle l’est beaucoup moins sur les Schmidt-Cassegrain.

C’est peut-être d’ailleurs l’un des inconvénients les plus importants du Schmidt.

Enfin, dernier inconvénient, l’obstruction du Schmidt est plus importante que sur le Maksutov.
Il y a ainsi une plus grande perte de lumière et donc de qualité d’image à diamètre égal.

Résumé des avantages et inconvénients du Schmidt

Avantages :

  • Plus polyvalents
  • Moins lourds
  • Plus grands diamètres possibles
  • Mise en température plus rapide

Inconvénients :

  • Plus chers (pour les petits diamètres)
  • Nécessité de faire une collimation souvent (réglage difficile)
  • Moins bonne image à diamètre équivalent (obstruction plus importante)

Vous l’aurez compris, malgré une base similaire, les Schmidt et les Maksutov sont deux instruments qui présentent de nombreuses différences.

Alors comment savoir lequel choisir ? C’est ce qu’on va voir maintenant !

Schmidt-Cassegrain ou Maksutov-Cassegrain : lequel choisir ?

Ce qui va surtout déterminer votre choix, c’est le type d’observations que vous voulez faire.

Maksutov…

Si vous voulez faire en priorité du planétaire et vraiment avoir les meilleures images possibles, il vaut mieux partir sur un Maksutov.

Idem si vous habitez en ville et que vous ne pouvez/voulez pas vous déplacer.

En effet, la pollution lumineuse vous empêchant de faire du ciel profond…
Il vaut mieux investir dans un Maksutov très bon en planétaire et moins cher.

Que mettre plus d’argent dans un Schmidt qui sera moins bon en planétaire. Et qui de toute façon ne vous servira pas pour le ciel profond.

Ou Schmidt ?

En revanche, si vous voulez profiter de belles images de planètes sans négliger le ciel profond…
Alors le Schmidt-Cassegrain satisfera mieux vos besoins.

Il est plus polyvalent et surtout, vous pourrez avoir un plus gros diamètre qu’avec un Maksutov. Et donc faire de bien plus belles observations du ciel profond.

Attention par contre, le Schmidt présente quelques inconvénients comme on l’a vu. Notamment, la nécessité de le collimater, comme un Newton.

Or, sur un Schmidt-Cassegrain, la collimation est plus compliquée à réaliser que sur un Newton.
Et si c’est la polyvalence qui vous attire chez le Schmidt-Cassegrain, peut-être qu’un Dobson pourrait mieux vous correspondre.

En effet, ces télescopes sont également très polyvalents et ils ont le gros avantage d’être des télescopes de type Newton (la collimation est donc plus facile).

On a d’ailleurs réalisé tout un article pour vous aider à savoir lequel choisir entre le Schmidt et le Dobson.

Avant de conclure cet article, voyons quelques exemples de bons modèles de Schmidt et Maksutov.

Quelques modèles de Schmidt-Cassegrain et Maksutov

Commençons tout de suite par quelques Maksutov !

(Les modèles présentés ici sont vendus directement avec leur monture, mais il est aussi important de bien la choisir. Pour en savoir plus, vous pouvez lire notre article complet sur les montures.)

Voici maintenant quelques modèles de Schmidt-Cassegrain :

Conclusion

Voilà, on a fait le tour des différences entre ces deux types de télescopes !

J’espère que cet article vous a éclairé et qu’il vous aidera à faire votre choix entre Schmidt et Maksutov.

N’hésitez pas à aller faire un tour sur nos autres articles dédiés au choix du télescope.
Ils peuvent certainement vous aider à être sûrs de vous !

Que ce soit avec un Schmidt ou un Maksutov, n’oubliez pas de garder la tête dans les étoiles 🙂

2 réflexions au sujet de “Schmidt-Cassegrain ou Maksutov-Cassegrain : quelles sont les différences ?”

  1. Que penses-tu des Ritchey Chrétien?
    On se dit oulalaaa ils sont impayables, c’est pour les professionnels. Mais on trouve des 6″ autour de 550€, avec un miroir en quartz.
    Est-ce que c’est pas aussi une option à considérer?
    Ils sont un peu plus ouverts que les Maksutov et à priori, ils ont un plus grand champ donc moins exclusif planétaire.
    Et comme il n’y a pas de lame en verre, ils sont parfaits pour la photo.

    Répondre
    • Hello Michel,

      Absolument, on trouve maintenant des Ritchey-Chrétien assez abordables et ça peut effectivement être intéressant !

      Mais ils sont surtout dédiés à l’astrophotographie du ciel profond (d’abord parce qu’ils sont très bons dans ce domaine et aussi parce qu’ils restent chers, ça représente donc assez peu d’intérêt d’investir juste pour de l’observation (sauf évidemment si on n’a pas de limite de budget !))

      Je t’invite à aller jeter un œil à notre article entièrement consacré à ces instruments pour plus de détails sur le sujet (je te remets le lien un peu plus haut) 🙂

      Belle journée,

      Marion

      Répondre

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